Le loup en Suisse en 2025 : portrait d’une population

Les chiffres donnent le vertige. En 2025, la Suisse a recensé 43 meutes de loups, soit quatre de plus qu’en 2024. Au total, environ 350 individus — louveteaux compris — vivent sur le territoire helvétique ou le fréquentent régulièrement. C’est ce que révèle le rapport annuel de la fondation KORA, publié en juin 2026. Une progression spectaculaire pour un animal qui avait totalement disparu du pays au début du XXe siècle.

Des chiffres records

Sur ces 43 meutes, 30 vivent exclusivement en Suisse, tandis que 10 autres sont transfrontalières, partagées avec la France ou l’Italie. Les autres meutes supplémentaires ont un statut incertain, car les preuves recueillies en 2025 ne permettant pas d’en dresser un portrait complet. Pour finir, au moins 155 louveteaux sont nés en 2025, témoignant d’une reproduction active et soutenue sur l’ensemble du territoire.

Du Valais au Jura : une répartition géographique inédite

La répartition géographique du loup Suisse s’est considérablement élargie. Historiquement concentré dans les Alpes orientales — Grisons et Valais en tête — le loup gagne désormais les Préalpes, le Jura et la Suisse centrale. Au début de 2026, neuf cantons hébergeaient au moins une meute : les Grisons (qui reste de loin le canton le plus peuplé en loups, avec une centaine d’individus), le Valais, Vaud, le Tessin, Glaris, Schwyz, Neuchâtel, Saint-Gall et Obwald, ce dernier accueillant pour la première fois une meute avec la meute de Klein-Melchtal.

Dans le canton de Neuchâtel, la meute de la Vallée de la Brévine est la sixième à voir le jour dans la région du Jura. Cette expansion vers l’ouest et le nord confirme que le loup Suisse a largement dépassé ses zones de recolonisation initiales et qu’il est désormais un habitant permanent de l’arc alpin helvétique.

Une diversité génétique qui s’enrichit

La diversité génétique de la population se renforce également. Si la majorité des loups suisses descend de la population alpine italienne, des individus issus d’Europe centrale — Allemagne, Pologne — sont de plus en plus fréquemment détectés. En 2025, six loups d’origine centre-européenne ont été identifiés, dont une femelle pour la première fois, ce qui augure d’une potentielle diversification des lignées génétiques à moyen terme.

Moins d’attaques là où la cohabitation s’organise

Malgré la croissance des effectifs du loup Suisse, une donnée surprend : les dommages aux animaux de rente ont diminué dans les cantons où le prédateur est présent depuis plusieurs années. Dans les Grisons et en Valais, les attaques sur les troupeaux n’ont jamais été aussi basses depuis cinq ans, selon le Groupe Loup Suisse. L’explication tient à la fois à l’expérience accumulée par les éleveurs et à la mise en place progressive de mesures de protection efficaces.

Un équilibre fragile, mais une voie possible

La Suisse de 2025 est donc celle d’un loup bien installé, qui continue de progresser, mais dont l’impact, là où la cohabitation a eu le temps de s’organiser, tend à se stabiliser. On est sur un équilibre encore fragile, mais qui trace une voie possible pour les années à venir.


Bibliographie

[1] Fondation KORA. (2026). Rapport annuel sur la population de loups en Suisse 2025. Disponible sur : www.kora.ch
[2] RTS Info. (2026, 8 juin). En dépit de la régulation, la Suisse recense désormais 43 meutes de loups. Disponible sur : www.rts.ch
[3] 20 Minutes. (2025, 30 décembre). La population de loups continue de croître en Suisse : 40 meutes recensées en 2025. Disponible sur : www.20min.ch
[4] Groupe Loup Suisse (GLS). (2026). Répartition actuelle du loup en Suisse. Disponible sur : www.gruppe-wolf.ch
[5] Office fédéral de l’environnement (OFEV). (2025). Régulation de loups 2023–2025 : rapport officiel. Berne.
[6] Canton de Vaud, Service de la faune. (2026). Population vaudoise de loups et suivi. Disponible sur : www.vd.ch

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